Hildegard von Bingen (1098-1179) était une religieuse bénédictine allemande, l’une des figures intellectuelles et spirituelles les plus remarquables du Moyen Âge. Entrée très jeune au couvent de Disibodenberg, elle y devint abbesse et fonda plus tard son propre monastère à Rupertsberg, puis un second à Eibingen.
Mystique, elle affirma avoir reçu dès l’enfance des visions qu’elle décrivit plus tard dans trois grandes œuvres visionnaires : Scivias, Le Livre des œuvres divines et Le Livre des mérites de la vie. Elle y exposait une théologie originale, profonde, associant symbolisme cosmique, morale, et réflexion sur la place de l’humanité dans la création.
Hildegard fut également compositrice, produisant plus de 70 chants liturgiques et un drame musical, faisant d’elle l’une des premières compositrices connues de l’histoire. Elle s’intéressait aussi à la médecine, à la botanique et aux sciences naturelles, écrivant deux ouvrages médicaux importants : Physica et Causae et Curae.
Personnalité influente, elle échangea avec papes, empereurs et évêques, prêcha publiquement — fait exceptionnel pour une femme de son époque — et prit position sur des questions politiques et ecclésiastiques. Elle a été canonisée et déclarée docteure de l’Église en 2012.
Hildegard von Bingen est aujourd’hui reconnue comme une pionnière dans les domaines de la spiritualité, de la musique, de la science et de la pensée médiévale.
O vivens vita, et o suavis consolatrix,
Tu mortifera mortis vincis
Et vidente oculo
Clausuram celi aperis.
O virginitas,
In regali thalamo stas.
O quam dulciter ardes
In amplexibus regis,
Cum te sol perfulget
Ita quod nobilis flos tuus
Nunquam cadet.
O virgo nobilis,
Te nunquam inveniet umbra
In cadente flore !
Flos campi cadit vento
Pluvia spargit eum.
O virginitas, tu permanes
In symphoniis supernorum civium :
Unde es suavis flos
qui nunquam aresces.
Ô vie vivante, douce, consolatrice,
Tu vaincs les flèches mortelles de la mort,
Et par ton œil voyant
Tu ouvres la porte du ciel.
Ô virginité,
Tu restes dans la chambre royale.
Avec quelle douceur tu brûles
Dans les étreintes du Roi,
Quand le soleil étincelle à travers toi,
Et pourtant,
Ta noble fleur ne tombera jamais.
Ô noble vierge,
Tu ne connaîtras jamais l’ombre
De la fleur tombée.
La fleur des champs plie dans le vent,
La pluie l’éclabousse.
Mais toi, ô virginité, tu demeures
Dans la musique des habitants du ciel :
Tu es la tendre fleur qui ne fane jamais.